Le département HSE de l'IUT Bordeaux I abrite le premier département HSE de France, créé en 1970. Les objectifs comme les programmes ont évidemment beaucoup changé depuis, mais pour Jean-Luc Dumas, responsable du département, la formation est toujours bien adaptée au marché du travail et l'insertion professionnelle reste bonne.
Combien formez-vous d'étudiants chaque année ?
Chaque année ce sont quelques 80 étudiants qui sortent diplômés de l'IUT. Soixante en formation initiale classique et 20 en alternance.
Que font-ils à la sortie de l'IUT, comment se passe leur insertion professionnelle ?
Presque tous font une poursuite d'étude. Notamment en licence professionnelle. 10% intègrent des écoles d'ingénieurs. Notre suivi deux ans et demi après la sortie de l'IUT révèle une bonne insertion professionnelle. Si l'on excepte ceux qui sont en poursuite d'études longues, dès lors que l'étudiant est mobile géographiquement (que ce soit en France ou à l'étranger), il trouve un emploi dans les 6 mois suivant sa sortie. Très peu sont au chômage. Par contre, la plupart commence leur vie active avec un CDD.
Quelles sont les spécificités de l'IUT de Bordeaux au niveau des programmes ?
Comme tous les IUT nous avons 20% d'adaptation locale dans le programme. Nous avons, pour notre part, choisi de travailler sur les produits phytosanitaires et sur la filière bois en raison de la proximité des Landes et de la forte activité du secteur au niveau régional. Par ailleurs, nous avons aussi opté pour effectuer une partie du programme en langue anglaise afin de faciliter l'insertion de nos étudiants à l'étranger pour les stages, poursuites d'études ou pour l'accès à un emploi..
Retrouvez le département HSE à Préventica Bordeaux |
| Le département HSE de l'IUT de Bordeaux sera présent au salon Préventica Bordeaux du 31 janvier au 2 février 2012 sur le stand B17. Une ancienne étudiante de l'IUT, aujourd'hui en poste dans une université au Japon pourra témoigner de son vécu de Fukushima. Le département HSE animera une conférence le jeudi 2 février de 12h30 à 13H30 sur le thème : "Comment s'organiser pour prévenir les risques majeurs ? retour d'expérience d'AZF à Fukushima." |
Avec la réforme LMD des études supérieures, comment se situent les IUT et leur bac+2 dans ce nouveau paysage ?
Nous nous sommes beaucoup posé de questions sur la nécessité ou non de faire passer les IUT d'un cursus de 2 à 3 ans. Finalement, la plupart des IUT ont adossé une licence professionnelle au DU. A Bordeaux, nous avons opté pour une licence QHSE en ajoutant la thématique de la qualité à la partie HSE pour que les étudiants puissent travailler dans le management global QHSE. Nous recrutons bien sûr des étudiants venant d'HSE mais aussi d'autres horizons, des L2 de sciences par exemple. Dans ce cas, afin qu'ils puissent se mettre à niveau nous créons des binômes "HSE / autre horizon" pour les travaux en cours d'année.
Comment sont accueillis les diplômés dans les entreprises ?
Les industriels, que nous côtoyons à la fois quand ils accueillent nos étudiants en stage ou dans les commissions pédagogiques nationales sont plutôt contents des étudiants HSE. D'ailleurs, ils sont encore demandeurs de Bac+2 et quand ils ont des postes correspondant à ce niveau, ils préfèrent embaucher des Bac+2 que des Bac+5, de peur qu'ils ne sentent pas à leur place. Les programmes sont ajustés en fonction des demandes des entreprises aussi. Par exemple, il y a trois ans, nous avons fait évolué le vocabulaire utilisé dans le programme pédagogique national pour qu'il soit plus en adéquation avec celui des entreprises.
Est-il difficile pour les étudiants de trouver des stages ?
Non, nous avons plutôt tendance à ne pas pouvoir satisfaire toutes les demandes de stages. En outre, nous essayons de les cadrer au maximum en prenant contact avec le maître de stage et en nous déplaçant sur place pour suivre les étudiants. Nous pouvons encore faire ce genre de chose, comme aller aux quatre coins de la France car nous avons d'autres ressources que les dotations de l'Etat.
Quelles sont vos ressources justement ?
Outre la dotation de l'Etat, nous pouvons récolter la taxe d'apprentissage et nous accueillons aussi des étudiants en formation continue et en apprentissage avec le soutien du CFAI de Bruges. De manière ponctuelle, nous pouvons aussi assurer des formations pour les entreprises sur des domaines précis : habilitation électrique, radioprotection, CHSCT. Mais nous faisons plutôt ça à la demande.
Avez-vous du mal à recruter des intervenants extérieurs pour assurer certains cours ?
C'est un des points les plus difficiles actuellement. Nous devons assurer au moins 10% de l'enseignement par cette voie. Mais il devient très difficile de recruter des intervenants de haut niveau. Les cadres supérieurs ne sont pas intéressés par les rémunérations que nous pouvons leur offrir ! C'est un des intérêts de notre présence au salon Préventica. Nous faire connaître et reconnaître dans notre savoir-faire et rencontre de nouveaux industriels ou intervenants avec lesquels nous pourrions tisser des échanges.
| Historique des départements HSE |
Les départements Hygiène Sécurité Environnement (HSE) résultent d'une conjonction de prises de conscience qui a émergé en 1969. D'une part le ministère de l'intérieur se préoccupait de trouver une formation de qualité pour les futurs officiers sapeurs pompiers. D'autre part, si l'on excepte une filière à audience limitée au CNAM, il n'existait aucune formation dans le domaine de la sécurité en France. Un groupe de travail est créé et planche sur cette problématique. Il s'oriente vers la création d'une formation de technicien de la sécurité. Bordeaux sera choisi pour accueillir une formation expérimentale qui durera trois et qui ne portera que sur les aspects hygiène et sécurité. L'environnement sera finalement adjoint plus tard dans les formations. Aujourd'hui, il existe en France 17 départements HSE au sein d'IUT.
(source : site internet du département HSE de l'IUT Bordeaux I) |