En Paca, les entreprises réunies dans le Mase ont déjà été plus loin avec leur groupement interprofessionnel pour la révention, l'hygiène Industrielle et la sécurité dans les Entreprises (Giphise), devenu le Mase Méditerranée - Giphise. Luc Decosse, hygiéniste du travail nous explique le fonctionnement et les actions du groupement, notamment en matière de santé au travail.
Pourquoi le Mase Méditerranée et le Giphise sont-ils désormais réunis ?
Historiquement, le référentiel et le système Mase sont nés dans notre région autour de l'Etang de Berre il y a une quinzaine d'années. Les industries, essentiellement pétrochimiques qui ont commencé à mettre le Mase en place étaient aussi confrontées à des problèmes d'harmonisation dans la formation à la sécurité des personnels extérieurs. Aussi, a été créé le GIES (Le Groupement Inter Entreprises de Sécurité) qui a bâti des formations à la sécurité minimum pour pouvoir accéder aux sites. En parallèle, il existait à l'époque une problématique commune sur la qualité des jointages, un troisième groupe, le GTIS (Le Groupement Technique Inter Société) a été créé avec pour pour mission de résoudre des problèmes techniques communs pouvant mettre en jeu la sécurité des personnes et des installations. Sa première mission ayant consisté à mettre en place une certification professionnelle et individuelle pour garantir l'étanchéité des joints. En 2004-2005, on a décidé de réunir ces trois groupements pour former le GIPHISE. Auquel a été adjoint un quatrième groupe de travail, le GHI (Groupement d'Hygiène Industrielle qui constitue la partie analyse des risques professionnels et santé du Giphise. Il était logique de réunir le comité technique du Mase et le Giphise sous une même enseigne ce qui permet d'avoir 4 comités techniques autour de la santé-sécurité industrielle : le management (Mase), la formation à la sécurité (GIES), les problématiques techniques (GTIS), l'analyse santé-sécurité (GHI).
Comment fonctionnent ces différents comités techniques ?
Le fonctionnement des différents comités est calqué sur celui du Mase avec des entreprises donneuses d'ordre (généralement de grands groupes de type Esso, Eurocopter etc) et des entreprises intervenantes. Le Mase Méditerranée - Giphise compte aujourd'hui quelques 33 entreprises donneuses d'ordre et plus de 700 intervenantes dont 50% sont des entreprises de moins de 20 salariés. Cela représente près de 45000 salariés. Chaque comité réunit des personnes des entreprises spécialisées dans leur domaine par exemple pour le GHI ce sont des médecins du travail, des IPRP, des hygiénistes etc. alors que pour le GTIS on trouve plutôt des responsables de maintenance, des chefs d'atelier etc. Des acteurs extérieurs peuvent être invités selon les sujets. Par exemple, au sein du GHI, nous travaillons avec la Carsat sur la problématique des CMR et des protections respiratoires avec cartouches filtrantes.
Pouvez-vous nous donner des exemple d'actions menées auprès de vos adhérents ?
Parmi les services proposés à nos adhérents, nous disposons d'une veille réglementaire avec une alerte mensuelle contenant les textes intéressant explicités pour qu'ils soient accessibles à tous. Par ailleurs, en matière de santé au travail, nous avons sorti il y a un peu moins d'un an un référentiel (déposé à l'INPI) qui permet, quel que soit le corps de métier, de suivre une démarche pour préserver la santé des salariés à moyen et long terme. Nous avons tenu à développer ce référentiel car c'est une partie quasi-absente des autres référentiels de type OSHAS 180001 où la santé occupe une portion plus que congrue et où l'approche reste très sécurité. Ensuite nous proposons ponctuellement des outils ou des supports d'information sur des sujets plus restreints comme le stress, la grippe aviaire etc. En tant que coordinateur, je fais par exemple des rappels sur les conditions de travail en cas de forte chaleur dès que le plan canicule est déclenché. Dans tous les cas, nos actions, nos outils ont pour point commun d'être très pragmatiques.
Quels sont les chantiers sur lesquels vous travaillez actuellement ?
Actuellement, au niveau national nous sommes en train de travailler sur l'évolution du référentiel Mase pour que justement il intègre plus les problématiques santé et environnement. Les travaux du Giphise et du référentiel santé au travail vont d'ailleurs être une base de travail pour ce chantier. Au niveau régional nous sommes actuellement en train d'organiser la prévention pour les intérimaires. Afin de mieux assurer l'accueil et le suivi notamment pour la santé. Nous souhaitons créer un guide de l'intérimaire à destination des agences d'intérim et des médecins du travail pour que par exemple lorsqu'un intérimaire a passé une visite médicale d'embauche pour un poste donnée, il puisse, avec l'aval du médecin du travail, ne pas a repasser devant le médecin si le poste suivant ne le nécessite pas. Les intérimaires sont une problématique commune à tous le territoire, mais nous avons la chance au niveau régional, par notre groupement, de pouvoir réunir facilement autour de la table les médecins du travail, les entreprises utilisatrices et les agences d'intérim. Les discussions peuvent donc avancer. D'autant qu'il y a une structure pour coordonner et animer cela.
Travaillez-vous aussi sur les risques psychosociaux ?
Même si dans l'industrie il y a des priorités comme le risque de feu ou d'explosion, les maladies professionnelles, cette problématique pourrait passer au second plan en matière de prévention des risques professionnels. Nous avons tout de même commencé à nous y intéresser aussi. Cependant, nous préférons rester léger dans ces démarches aussi nous allons dans le courant de l'année éditer un guide à l'attention de nos adhérents mais qui ne portera que sur la partie identification. L'objectif est que les entreprises de notre groupement s'interroge sur l'existence ou non au sein de leur structure de tels risques et de donner quelques pistes pour commencer des démarches. A l'image de ce que nous avons fait l'année dernière sur la pénibilité où nous guidions les entreprises sur les questions à se poser, la préparation de l'accord et l'appui du document unique pour construire les fiches pénibilités.