A la une

Télétravail dégradé, risques psychosociaux, surexposition de certains salariés : l'UGICT-CGT publie les résultats de son enquête

Selon une enquête de l’Ugict-CGT sur les conditions de travail durant le confinement, publiée le 4 mai, seuls 21 % des salariés qui ont travaillé sur site ont considéré les mesures de prévention suffisantes pour les protéger. Par ailleurs, 35 % des télétravailleurs sondés se sont plaint d’une anxiété inhabituelle et près de la moitié de douleurs physiques.

La CGT des ingénieurs, cadres et techniciens (UGICT) publie les résultats de son enquête relative au monde du travail en confinement. Basée sur 100 questions posées du 8 au 24 avril 2020 à 34 000 salariés, elle établit une photographie des conditions de travail et de l'exercice des fonctions de cadre pendant le confinement.

Sans surprise, il en ressort que le travail sur site concerne majoritairement les ouvriers/employés (61 %) tandis que 70 % des télétravailleurs sont cadres et professions intermédiaires. Les cadres interrogés ont noté une augmentation de 40 % de leur charge de travail. Parmi les salariés qui ont travaillé sur site, seulement 21 % ont considéré les mesures de prévention suffisantes pour les protéger, alors que 3 salariés sur 10 ont estimé que leur activité n'était pas essentielle. Les femmes ont été surexposées aux risques de contamination car elles occupent plus que les hommes des métiers en contact avec le public. 36 % d'entre elles ont subi une hausse de la charge de travail tandis que la fermeture des écoles s’est traduite pour 43 % des femmes interrogées par plus de quatre heures de tâches domestiques supplémentaires.

Télétravail "en mode dégradé"

Enfin, les résultats de l'enquête montrent également que le télétravail a surgi en mode dégradé pour de nombreux salariés qui par exemple n'étaient pas dotés de moyens informatiques par leur employeur, ou ne disposaient pas de bonnes conditions pour télétravailler à domicile (difficultés à s'isoler, garde des enfants, etc.). Cette situation a généré des risques psychosociaux : 35 % des télétravailleurs interrogés se sont plaint d’une anxiété inhabituelle et près de la moitié de douleurs physiques.

Pour la CGT, cette enquête montre qu'il faut "changer de braquet pour réussir le déconfinement", à savoir mieux tester, protéger et isoler les personnes malades, mais aussi engager des négociations dans toutes les entreprises pour réguler le télétravail et s'assurer du respect du droit à la déconnexion. En conclusion de son enquête, le syndicat revendique :

  • le droit à un arrêt rémunéré à 100 % pour tous les parents d’enfants de moins de 16 ans, y compris pour les télétravailleurs ;

  • la possibilité pour les encadrants de renvoyer chez eux des salariés qu'ils estiment non protégés, au travers d'un "droit d'alerte suspensif" proche du droit de retrait ;

  • le renforcement des moyens des syndicats et représentants du personnel ;

  • des mesures immédiates contre la crise économique et sociale, comme l'abandon des réformes de l’assurance chômage et des retraites, ainsi qu'une protection des entreprises contre les faillites.

Marie-Aude Grimont
Ecrit par
Marie-Aude Grimont